Le jour où…

Le jour où j’ai arrêté de regarder ce que font les autres photographes et que j’ai passé plus de temps à shooter, mon travail s’en est ressenti. J’ai tout de suite trouvé que mes photos étaient plus belles, j’arrivais plus facilement à atteindre les buts que je m’étais donnés. J’arrivais enfin à faire les photos que je voulais faire… pas parce que je passais du temps à regarder le travail des autres, à l’étudier et à le reproduire, mais parce que je passais du temps à shooter, shooter et shooter.
J’avoue, quand j’arrive sur un shoot, je n’ai rien préparé avant. Je ne me fais plus de préparation mentale, en me disant “je vais shooter ci et ça”. La plupart du temps, je ne fais que préparer mon matériel et j’arrive toujours sur le shoot avec la tête… “vide”. Oui, je sais, ça peut paraître professionnel. Mais je dois avouer que je ne suis pas payée pour reproduire des choses qui existent déjà, ou recréer des photos. Sinon, ça s’appelle de la copie et ce n’est la peine de me payer pour faire ça. En vrai, mon travail est d’arriver quelque part avec mon background, ma sensibilité, mon style… parfois aussi j’arrive avec ma fatigue, mon stress, ma mauvaise humeur (que je ne laisse pas voir), ma tristesse… et contrairement à ce que l’on peut penser, cela ne plombe pas ma photographie et la manière dont je vais photographier. Au contraire, toutes ces émotions vont lui apporter une teinte intéressante… un peu comme quand on teint un vêtement, on met du colorant mais au final on ne sait jamais vraiment quel va être le résultat, la couleur finale.
C’est aussi ça que j’aime avec la photographie, on ne sait jamais quel sera le résultat et on ne peut pas assurer qu’on va obtenir telle image. En tout cas, moi c’est comme ça que je le vois.
Bien sûr, on travaille avec des mood boards, des inspirations, Pinterest. Mais au final, j’ai appris à me détacher de toutes ces images que je vois. Comme si mon esprit avait compris que je devais les voir, mais pas les enregistrer. Je suis un ordinateur sans mémoire. Je sais que les images sont là, l’inspiration est présente mais je ne pourrai jamais refaire l’image exactement. Et c’est tant mieux.
Mon style s’est amélioré le jour où j’ai arrêté de penser “comment je peux faire pour shooter comme ça ?”. Je suis devenue meilleure le jour où j’ai commencé à me demander : “ok, qu’est-ce que j’ai envie de créer aujourd’hui ?” ou “comment je peux améliorer le shoot que j’ai fait au même endroit la semaine dernière ?”.
Je ne suis pas devenue la meilleure photographe du monde en un mois. Je suis juste devenue mon meilleur challenger, la personne avec qui je suis en compétition, mais aussi la seule.
Je peux maintenant regarder les images des autres photographes (et j’en vois beaucoup depuis que je suis chargée des comptes Instagram de Tribe Red Leaf et de Tribe Archipelago) et ne pas me sentir envieuse ou déprimée parce que je pense que je ne pourrai pas créer ces images moi-mêmes.
Si j’étais à leur place, au même endroit, au même moment, ce n’est même pas certain que je pourrai créer les mêmes images. Alors se comparer à des choses non comparables, cela ne sert à rien, à part se faire du mal. La seule comparaison que je peux faire, c’est de regarder mes images de l’année dernière et me demander ce que je peux améliorer et comment… ce que je peux apprendre aujourd’hui et demain… comment je peux devenir meilleure que la Emilie de l’an passé.
Voilà tout ce que je me dis maintenant.
xoxo
Emilie
edmonton lifestyle photographer
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  • mars 9, 2016 - 12:02

    Emmanuelle B - Bravo Emilie <3
    Regarder tes photos, ton évolution, ton travail si pro et si identitaire. J'adore, j'aime.
    Continue, fonce, c'est un pur bonheur.
    BisousReplyCancel